L’oasis de M’Hamid El Ghizlane, située à l’extrême sud-est du Maroc, est considérée comme la porte du désert marocain. Elle se trouve dans la province de Zagora, au sud-est de la région Drâa-Tafilalet, et constitue le dernier village avant les grandes dunes du Sahara, notamment l’Erg Chegaga.
Fondée officiellement en 1932 lors de la présence française, M’Hamid El Ghizlane possède une histoire bien plus ancienne, intimement liée aux routes caravanières sahariennes, au commerce transsaharien et aux grandes civilisations du désert.
L’oasis de M’Hamid s’étend sur une superficie d’environ 2700 km², avec une densité de population très faible, typique des régions désertiques.
Ses frontières naturelles sont :
Au nord : le massif du Jbel Bani
À l’est : l’oasis de Tagounite
Au sud : la province de Tata
Au sud-est : la frontière algérienne
Au cœur de l’oasis coule le plus long fleuve du Maroc, l’oued Drâa, véritable colonne vertébrale de la région.
L’oued Drâa prend sa source dans les montagnes du Haut Atlas et s’étend sur près de 1200 km, ce qui en fait le fleuve le plus long du Maroc. Il traverse les palmeraies du Drâa avant de s’orienter vers l’Atlantique.
Grâce à cet oued, la région a pu développer une agriculture oasienne traditionnelle, notamment la culture des palmiers dattiers, base de l’économie locale.
Selon l’historien Jacques-Meunié, l’ancien nom de M’Hamid El Ghizlane était Targalate. Dans son ouvrage « Le Maroc saharien des origines à 1670 », il décrit M’Hamid comme une cité importante et stratégique sur les anciennes routes caravanières reliant l’Afrique subsaharienne au nord du Maroc.
Cette richesse historique fait aujourd’hui de M’Hamid une destination prisée pour le tourisme culturel et saharien.
La palmeraie de M’Hamid El Ghizlane est un carrefour ethnique et linguistique, résultat de siècles de migrations et d’échanges.
Descendants des tribus Sanhaja, les Amazighs sont présents dans la région depuis plusieurs siècles. Leur culture, leur langue et leur architecture berbère sont toujours bien vivantes.
Originaires des tribus Bani Maâqil, arrivées de Tunisie vers 1225, ils se répartissent principalement entre :
La tribu Arib
La tribu Beni M’Hamed
Les Draoua tirent leur nom de la vallée du Drâa. Ils sont considérés comme les plus anciens habitants de la région.
Les Chorfa sont apparentés à la famille du Prophète Mohammed.
Les Mourabitines sont les descendants de familles maraboutiques et de saints locaux, jouant un rôle spirituel important.
M’Hamid El Ghizlane compte environ 7400 habitants, répartis dans 14 ksars (villages fortifiés à l’architecture berbère).
La population est majoritairement jeune, avec une densité ne dépassant pas 1,75 habitant/km², ce qui renforce le caractère authentique et paisible de la région.
La structure géologique de M’Hamid El Ghizlane résulte de la rencontre entre la base africaine au sud et les chaînes de l’Atlas au nord. On distingue trois grandes unités topographiques :
Cette zone couvre environ 60 % de la surface de la région. Elle est dominée par des étendues sableuses et les célèbres dunes de l’Erg Chegaga et d’Ezzahar, pouvant atteindre 300 mètres de hauteur.
Les plateaux rocheux forment la Hammada du Drâa, s’étendant largement vers le sud en direction de l’Algérie. Ces paysages lunaires sont idéals pour les excursions en 4x4.
Ces reliefs offrent un terrain propice aux randonnées, treks désertiques et circuits d’aventure, très appréciés par les voyageurs.
Le climat de M’Hamid est de type saharien aride, avec de fortes amplitudes thermiques.
En été, les températures peuvent atteindre 45°C
En hiver et au printemps, les nuits peuvent descendre jusqu’à -5°C
Les pluies sont très rares, avec une moyenne annuelle comprise entre 50 et 60 mm, souvent imprévisibles.
La région est connue pour le vent chaud et sec appelé “Chergui”, fréquent en été. Il déplace les dunes de sable et façonne continuellement le paysage désertique.
M’Hamid El Ghizlane est une destination idéale pour :
Les voyages dans le désert marocain
Les circuits vers l’Erg Chegaga
Les bivouacs dans le Sahara
Les treks chameliers
Le tourisme culturel et authentique
L’observation des étoiles et le silence du désert